3.4 : Ce qu’on gagne à comprendre des différences culturelles entre les personnes sourdes et les personnes entendantes
Au Québec, il existe plusieurs cultures, dont la culture sourde. Contrairement à ce que plusieurs pensent, la surdité n’est pas qu’un handicap : pour beaucoup de personnes sourdes, sourdes-aveugles et malentendantes (PSSAM), c’est aussi une identité culturelle forte. Dans les milieux de travail, notamment dans les petites et moyennes entreprises (PME), comprendre ces différences peut aider à mieux intégrer ces employ·é·s.
Deux mondes, deux façons de communiquer
Dans la culture entendante, la voix et l’ouïe sont les moyens principaux de communication. On parle au téléphone, on appelle quelqu’un par son prénom, on fait des blagues à voix basse. Dans la culture sourde, on utilise surtout la vue. Pour attirer l’attention, on tape sur l’épaule ou on agite la main. Les appels téléphoniques sont remplacés par des textos, des courriels ou des appels vidéo. Les PSSAM sont aussi très expressif·ve·s : leurs gestes sont parfois grands, et leurs expressions faciales jouent un rôle important dans la communication. Ce n’est pas de l’exagération, c’est tout simplement la façon naturelle de s’exprimer en langue des signes québécoise (LSQ).
Petits gestes, grandes différences : ce que la culture sourde nous apprend
Voici quelques différences à connaître :
Position face à face avec de l’espace
Les personnes sourdes communiquent avec assez d’espace pour s’exprimer et bien voir les signes. Être trop près ou sur le côté gêne la compréhension.Contact visuel soutenu
Regarder dans les yeux est essentiel pour suivre la conversation. Cela montre qu’on est attentif·ve. Pour les entendant·e·s, un regard fixe peut sembler étrange, mais pour les personnes sourdes, c’est naturel. De plus, lorsqu’un·e interprète LSQ-français est présent·e, il est important de regarder la personne sourde durant la conversation et non pas l’interprète.Expressions faciales importantes
Elles ne traduisent pas seulement des émotions, mais font partie de la langue, étant une composante grammaticale cruciale. Par exemple, elles servent à exprimer des nuances, insister sur certaines idées ou poser une question.Relation différente avec le bruit
Les PSSAM peuvent faire des bruits de façon inconsciente, comme respirer fort, taper sur la table ou le plancher, rire bruyamment, ou faire du bruit pour attirer l’attention d’une personne spécifique à qui elles souhaitent parler. Elles peuvent aussi faire du bruit en lavant la vaisselle ou fermant les armoires ou les tiroirs sans se rendre compte qu’elles font du bruit. De plus, elles utilisent souvent la vibration ou la lumière pour ressentir le bruit, ce qui leur permet parfois d’être connecté·e·s à leur environnement.
Voir et être vu·e : l’espace et le temps selon la culture sourde
La culture sourde valorise la communication visuelle, ce qui influence la disposition des espaces. Par exemple, une salle de réunion doit être bien éclairée et les chaises placées en cercle ou demi-cercle pour que tout le monde voit bien. Un emplacement en rangée, ou tourné vers un mur ou le fond de la salle, n’est pas bien adapté pour les PSSAM. Aussi, lors des réunions en présentiel ou à distance avec un interprète, un décalage se crée entre la parole émise et sa réception par la personne sourde. Pour favoriser sa pleine participation, il est essentiel d’en tenir compte et de bien gérer les tours de parole.
S’ouvrir à la culture sourde, c’est enrichir son milieu de travail. La communauté sourde, bien que très soudée et solidaire, a traversé une longue histoire d’oppression. Son identité a souvent été niée, sa langue des signes interdite durant plus de cent ans, et ses membres continuent de faire face à de nombreux obstacles dans l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux loisirs et à la vie personnelle. Pourtant, cette communauté a su se rassembler et lutter pour ses droits, renforçant ainsi un lien fort entre ses membres.
Comprendre les différences culturelles entre les personnes sourdes et entendantes, c’est une étape clé pour bâtir un vrai climat d’inclusion. Ce n’est pas seulement une question d’audition, mais une différence profonde dans les façons de vivre, de penser et de communiquer. Pour les employeur·e·s et collègues, le respect, l’ouverture d’esprit et la curiosité sont les clés d’un environnement de travail véritablement inclusif.
Pour en savoir davantage sur la culture sourde : blogue sur la culture sourde d’Eversa
Déclaration:
Optez pour le talent n’a ménagé aucun effort pour utiliser les mots les plus respectueux au moment de rédiger les présents documents. Nous sommes toutefois conscients que la terminologie la plus appropriée peut changer avec le temps. Nous avons rédigé ces documents avec l’intention de respecter la dignité et les droits fondamentaux de chacun.
Optez pour le talent n’a ménagé aucun effort pour utiliser les mots les plus respectueux au moment de rédiger les présents documents. Nous sommes toutefois conscients que la terminologie la plus appropriée peut changer avec le temps. Nous avons rédigé ces documents avec l’intention de respecter la dignité et les droits fondamentaux de chacun.
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